Palawan
450 kilomètres d'île karstique entre Mindoro et Bornéo, trois zones distinctes (El Nido, Coron, Balabac) qui demandent chacune leur propre rythme de voyage.
Palawan s'étire sur 450 kilomètres entre Mindoro et Bornéo, une lame d'île bordée de 1 780 îlots satellites. Notre équipe basée à Manille programme la région toute l'année, mais nous la traitons comme trois sous-destinations distinctes : le nord autour d'El Nido et Coron, le centre autour de Puerto Princesa, le sud autour de Port Barton et Balabac. Les confondre dans un même itinéraire court reste l'erreur la plus fréquente que nous corrigeons en phase de conception.
Le relief explique tout. L'épine dorsale calcaire et ultramafique de l'île produit ces falaises verticales que les bangkas longent à El Nido, dans l'archipel de Bacuit. Les lagons de Miniloc, le Big Lagoon, le Small Lagoon, Secret Lagoon, sont des effondrements karstiques envahis par la mer. Plus au nord, à Coron, le même phénomène donne le lac Kayangan, ceint de pitons noirs, et les sept lacs de Cabugao. C'est dans la baie de Coron que la marine américaine a coulé douze navires japonais le 24 septembre 1944. Les épaves de l'Irako, de l'Olympia Maru et de l'Akitsushima reposent entre 12 et 40 mètres, accessibles en plongée bouteille pour la plupart, en snorkeling pour les superstructures les plus hautes.
Puerto Princesa, la capitale provinciale, sert de point d'entrée aérien depuis Manille ou Cebu. La ville elle-même retient peu, mais elle ouvre sur la rivière souterraine de Sabang, classée à l'UNESCO en 1999. Le cours d'eau traverse 8,2 kilomètres de grotte calcaire sous le mont Saint-Paul, dont 4,3 navigables en pirogue. Nous recommandons la visite tôt le matin pour éviter les groupes de croisiéristes débarqués vers 10 heures. À une heure et demie au nord de Puerto Princesa, Sabang fait aussi office de base pour rejoindre Port Barton par la route, en quatre heures sur une piste partiellement asphaltée.
Le sud reste notre terrain de prédilection pour les voyageurs qui veulent échapper au flux d'El Nido. Port Barton, village de pêcheurs de 3 000 habitants, n'a l'électricité 24 heures sur 24 que depuis 2018. Les sorties en bangka y desservent une dizaine d'îles, German Island, Exotic Island, Inaladelan, avec rarement plus de trois ou quatre bateaux par site. Plus au sud encore, l'archipel de Balabac, à la pointe extrême face à Bornéo, demande deux jours de transfert depuis Puerto Princesa via Rio Tuba. Les bancs de sable d'Onuk et de Candaraman émergent à marée basse sur des fonds turquoise, et la population Molbog y vit principalement de la pêche et de la culture du coprah.
Côté peuplement, Palawan compte plusieurs groupes autochtones distincts des Tagalogs majoritaires : les Tagbanua autour de Coron et de la rivière souterraine, les Batak dans l'intérieur montagneux au nord de Puerto Princesa, les Pala'wan dans le sud. Les Tagbanua de Coron gèrent eux-mêmes l'accès au lac Kayangan et à la baie de Cabugao depuis une décision ancestrale de 1998, et perçoivent les droits d'entrée. Côté table, le tamilok, ver de mangrove consommé cru avec calamansi et vinaigre, reste une curiosité de Sabang. Plus largement, le crabe de mangrove à la noix de coco (alimasag sa gata) et le kinilaw de thon, version philippine du ceviche, structurent la cuisine côtière.
Économiquement, le tourisme a doublé entre 2015 et 2019 avant la pandémie, et El Nido en particulier souffre de la pression sur ses eaux. Des quotas de visiteurs sur les lagons A et B ont été instaurés en 2023. Nous intégrons systématiquement ces contraintes dans nos programmations, en privilégiant les départs tôt le matin et les opérateurs locaux engagés dans la gestion des déchets.
À découvrir
Lagons de Bacuit en bangka privée. Une journée entre Miniloc, Shimizu et Secret Lagoon, en partant de Corong-Corong à 7 heures pour précéder les flottes de tour collectifs. Eaux entre 27 et 29 degrés, snorkeling sur les jardins de coraux du Big Lagoon.
Plongée sur les épaves de Coron. Douze épaves japonaises coulées en septembre 1944 reposent entre 12 et 40 mètres dans la baie. L'Irako, cargo frigorifique de 147 mètres, demande un niveau Advanced. L'Olympia Maru reste accessible aux Open Water.
Rivière souterraine de Sabang. Navigation en pirogue sur 4 kilomètres dans une grotte calcaire peuplée de chauves-souris frugivores et de martinets. Permis obligatoire délivré la veille à Puerto Princesa, créneaux limités à 900 visiteurs par jour.
Archipel de Balabac. Deux jours de transfert depuis Puerto Princesa pour atteindre les bancs de sable d'Onuk et Candaraman face à Bornéo. Pas d'électricité permanente, hébergement chez l'habitant ou en lodge sommaire, dugongs observables certaines saisons.
Port Barton en saison creuse. Entre juin et septembre, le village garde son rythme de pêche, sorties à 4 ou 5 personnes maximum sur les îles d'Exotic et German. Les pluies tombent en fin d'après-midi, les matinées restent dégagées.
Quand y aller
La saison sèche court de novembre à mai, avec un pic touristique entre décembre et mars. Les températures oscillent toute l'année entre 28 et 32 degrés en journée, descendant rarement sous 25 la nuit. La mer reste à 27-29 degrés en permanence. Décembre à février offre les conditions les plus stables : vents d'amihan (nord-est) modérés, visibilité sous-marine de 20 à 30 mètres à Coron. Avril et mai chauffent davantage, jusqu'à 34 degrés, et l'eau peut atteindre 31 degrés, ce qui blanchit ponctuellement certains coraux peu profonds.
La saison des pluies, de juin à octobre, n'interdit pas le voyage mais le complique. Les averses tombent surtout en fin d'après-midi et durent rarement plus d'une heure, sauf en cas de typhon. Palawan se trouve toutefois à l'écart de la trajectoire principale des typhons qui frappent Luçon et les Visayas du nord, ce qui en fait une option de repli intéressante en août-septembre. Coron et le nord essuient davantage de habagat (mousson de sud-ouest) que Puerto Princesa et le sud. Nous évitons toutefois Balabac entre juillet et septembre : les transferts en mer y deviennent aléatoires.
Conseils pratiques
Nous recommandons un minimum de 6 nuits sur Palawan pour combiner deux des trois zones, par exemple El Nido et Coron reliés par ferry rapide en 4 heures (Montenegro Lines, départs quotidiens à 6 heures), ou Puerto Princesa et Port Barton par la route. Vouloir tout faire en une semaine impose des transferts internes lourds, l'île étant longue de 450 kilomètres avec des routes lentes. Comptez 10 à 12 nuits pour intégrer Balabac. Les vols domestiques arrivent à Puerto Princesa (PPS), à El Nido (ENI, piste courte, vols AirSwift uniquement) et à Busuanga (USU) pour Coron, depuis Manille ou Cebu.
Palawan se combine naturellement avec les Visayas centrales (vol direct Puerto Princesa - Cebu) pour qui veut alterner plages calcaires et patrimoine espagnol, ou avec Mindoro et Romblon pour prolonger en bateau l'expérience marine vers le nord. L'enchaînement avec Luçon Nord (cordillères, rizières en terrasse) crée un contraste fort entre mer et montagne mais demande deux semaines minimum. Côté confort, El Nido propose des resorts haut de gamme sur îles privées (Pangulasian, Lagen), Coron des établissements milieu de gamme, Port Barton et Balabac uniquement du rustique. La région convient aux voyageurs contemplatifs, aux plongeurs et aux familles avec enfants à partir de 8 ans, moins aux randonneurs qui trouveront davantage dans les cordillères de Luçon.





