Visayas centrales

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Quatre îles reliées par ferry au cœur de l'archipel : Chocolate Hills de Bohol, sardines de Moalboal, tarsiers de Loboc et atmosphère posée de Siquijor.

Les Visayas centrales occupent le ventre de l'archipel philippin, entre Luçon au nord et Mindanao au sud. Quatre îles principales structurent la région : Cebu, longue bande montagneuse orientée nord-sud, Bohol, plus ronde et calcaire, Negros dominée par le volcan Kanlaon à 2 435 mètres, et Siquijor, la plus petite, posée à l'écart au sud-est. Depuis notre agence à Manille, nous organisons l'essentiel des circuits Visayas à partir de Cebu City, deuxième pôle économique du pays et hub aérien international qui permet d'éviter un retour systématique par la capitale.

La région parle majoritairement le cebuano, langue distincte du tagalog de Luçon, et la culture locale s'exprime dans une cuisine reconnaissable : le lechon de Cebu, cochon de lait rôti à la broche assaisonné de citronnelle et d'oignons verts, considéré comme la meilleure version du pays, le kinilaw, poisson cru mariné au vinaigre de coco et au gingembre, ou encore le puso, riz cuit dans des tresses de feuilles de cocotier qu'on trouve dans les marchés de Carcar et de Mandaue. La fête du Sinulog, à Cebu City en janvier, rassemble plus d'un million de personnes autour de processions en l'honneur du Santo Niño, héritage de l'évangélisation espagnole entamée en 1565 par Legazpi à Cebu, premier point d'ancrage colonial dans l'archipel.

Bohol concentre la singularité géologique la plus marquante : les Chocolate Hills, 1 268 collines coniques de 30 à 50 mètres de haut réparties sur la commune de Carmen, formations karstiques anciennement coralliennes qui virent au brun chocolat pendant la saison sèche, entre février et mai. À une heure de route de là, le sanctuaire de Loboc protège les tarsiers philippins, primates nocturnes de 12 centimètres dont la population sauvage a fortement décliné. La rivière Loboc, navigable sur une vingtaine de kilomètres, traverse une forêt secondaire dense jusqu'aux chutes de Busay. Côté côtier, Panglao concentre l'hébergement balnéaire et donne accès à Balicasag, réserve marine où nous emmenons les voyageurs observer tortues vertes et bancs de carangues.

Cebu sert de base pour plusieurs expériences nautiques très spécifiques. À Moalboal, sur la côte ouest, le run de sardines stationne à 5 mètres de la plage de Panagsama toute l'année, observable en palmes-masque-tuba. À Oslob, dans le sud, l'observation des requins-baleines fait débat : pratique encadrée mais nourrissage quotidien, nous proposons l'alternative de Tan-awan ou des sorties à Donsol, sur Luçon. Kawasan Falls, près de Badian, accueille les amateurs de canyoning sur trois heures de descente entre vasques turquoise et sauts de 5 à 10 mètres.

Negros présente deux visages distincts. La côte ouest, autour de Bacolod, vit historiquement de la canne à sucre, paysage de plantations qui a façonné les haciendas du XIXe siècle dont certaines se visitent près de Silay. La côte est, autour de Dumaguete, ville universitaire à l'atmosphère plus tranquille, donne accès aux lacs jumeaux de Balinsasayao, à 800 mètres d'altitude dans une caldeira forestière, et aux sources chaudes de Mambukal sur les pentes du Kanlaon. Apo Island, à 30 minutes de bangka depuis Malatapay, abrite l'une des plus anciennes réserves marines communautaires du pays, créée en 1982.

Siquijor, longtemps désignée comme l'île des guérisseurs traditionnels (mananambal), conserve une atmosphère plus discrète. La route côtière de 72 kilomètres en fait le tour en une demi-journée à scooter, desservant les cascades de Cambugahay, le vieux balete de Lazi, figuier de 400 ans au-dessus d'un bassin d'eau douce, et les plages de Salagdoong et Paliton. Les ferries rapides relient quotidiennement Dumaguete à Siquijor en 1 heure, et Tagbilaran à Cebu en 2 heures, ce qui permet de combiner trois ou quatre îles sans avion intérieur.

À découvrir

Chocolate Hills de Carmen. Les 1 268 cônes karstiques de Bohol s'étendent sur 50 km², observables depuis le belvédère de Sagbayan ou en ULM depuis Tagbilaran. Le brun chocolat domine de février à mai, le vert revient avec les premières pluies de juin.

Run de sardines à Moalboal. Un banc compact de plusieurs millions de sardines stationne à quelques brasses de la plage de Panagsama, accessible en palmes-masque-tuba toute l'année, sans bateau.

Sanctuaire de tarsiers de Loboc. Observation des primates de 12 cm dans une réserve forestière clôturée gérée par la fondation philippine des tarsiers, à 45 minutes de Tagbilaran.

Sinulog Festival à Cebu City. Le troisième dimanche de janvier, processions et danses rituelles autour de la statuette du Santo Niño rapportée par Magellan en 1521. Hébergement à réserver six mois à l'avance.

Tour de Siquijor en scooter. 72 kilomètres de route côtière qui desservent le balete vieux de quatre siècles de Lazi, les trois paliers de Cambugahay et la plage de Paliton, sur une journée tranquille.

Quand y aller

Les Visayas centrales bénéficient d'un climat plus stable que le nord de l'archipel, en partie protégées des typhons majeurs qui frappent davantage Luçon et Samar. La saison sèche s'étend de décembre à mai, avec des températures de 26 à 32 °C et une humidité supportable de janvier à mars. Avril et mai concentrent les pics de chaleur, jusqu'à 34 °C à Cebu City, et la fin de saison sèche assèche les Chocolate Hills pour leur teinte brune caractéristique. La saison des pluies court de juin à novembre, avec des averses brèves en début de saison et des épisodes plus longs en septembre-octobre. Les typhons restent possibles d'août à novembre, principalement sur le nord de Cebu et la côte est de Negros, mais l'archipel central reste navigable la majeure partie du temps.

Pour la plongée et le snorkeling, février à mai offrent la meilleure visibilité, 20 à 30 mètres autour de Balicasag et Apo Island. Les requins-baleines de Donsol (option alternative à Oslob) se voient surtout de février à mai. Les altitudes du Kanlaon ou des lacs de Balinsasayao restent fraîches toute l'année, 18 à 22 °C la nuit à 800 mètres, prévoir un coupe-vent même en saison sèche.

Conseils pratiques

Comptez au minimum 8 à 10 jours pour couvrir convenablement trois îles, par exemple Cebu, Bohol et Siquijor, avec deux nuits par site et les trajets ferry inclus. Une combinaison plus complète sur quatre îles avec Negros demande 12 à 14 jours. L'aéroport international Mactan-Cebu sert de point d'entrée naturel, avec des vols directs depuis Singapour, Hong Kong, Tokyo, Séoul et Dubaï, ce qui évite le détour par Manille. Les ferries rapides (OceanJet, 2GO) relient quotidiennement Cebu, Tagbilaran, Dumaguete et Siquijor, généralement en 1 à 3 heures.

La région se combine bien avec Palawan pour les voyageurs cherchant à compléter par les paysages karstiques d'El Nido et Coron, en ajoutant un vol intérieur depuis Cebu (1h30). Une extension vers Siargao et Mindanao pour le surf demande un vol supplémentaire depuis Cebu vers Siargao (1 heure). Le niveau de confort est large : hébergements de charme à Panglao et Siquijor, resorts haut de gamme à Mactan, pensions familiales à Moalboal. Nous orientons facilement les familles vers Bohol pour la diversité des activités sur courtes distances, les contemplatifs vers Siquijor, les plongeurs vers Apo et Balicasag, et les voyageurs urbains vers Cebu City pour son patrimoine hispanique et sa scène culinaire.

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